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L'AIEA adopte une résolution demandant à l'Iran de coopérer
information fournie par Reuters 05/06/2024 à 19:09

(Actualisé tout du long avec éléments supplémentaires)

par Francois Murphy

Le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a adopté mercredi une résolution demandant à l'Iran de renforcer sa coopération avec l'agence onusienne et de lever les restrictions visant ses principaux inspecteurs, en dépit de craintes que Téhéran réponde à nouveau par une intensification de ses activités nucléaires.

D'après des diplomates présents à la réunion organisée à huis clos, 20 des 35 membres du Conseil des gouverneurs ont approuvé le projet de résolution. La Chine et la Russie ont voté contre, tandis que 12 autres pays se sont abstenus.

Cela fait suite à une résolution adoptée il y a dix-huit mois par l'AIEA exhortant l'Iran de ne pas entraver l'enquête menée de longue date par l'agence onusienne sur des traces d'uranium découvertes sur des sites non-déclarés par Téhéran.

Si le nombre de ces sites est passé à deux, contre trois auparavant, l'AIEA réclame toujours des autorités iraniennes une réponse claire sur la présence de ces traces d'uranium.

Il est "grand temps" pour le Conseil des gouverneurs de "s'assurer que l'Iran s'acquitte de ses obligations légales", ont déclaré dans un communiqué au Conseil la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, qui ont soumis le texte voté mercredi.

"L'Iran doit coopérer avec l'Agence urgemment, pleinement et sans ambiguïté", ont ajouté les "E3" - les trois pays européens signataires de l'accord de 2015 encadrant les activités nucléaires iraniennes.

Au cours des dix-huit mois écoulés depuis la précédente résolution, la liste des problèmes auxquels fait face l'AIEA en Iran s'est allongée. Téhéran a interdit en septembre dernier aux principaux experts onusiens en uranium d'inspecter les sites iraniens, une mesure dénoncée par le patron de l'AIEA, Rafael Grossi, comme "disproportionnée et sans précédent".

Rafael Grossi s'est entretenu le mois dernier avec des représentants iraniens dans l'espoir de trouver un accord pour que reprenne l'enquête sur les particules retrouvées sur des sites iraniens.

Le patron de l'AIEA cherche aussi à obtenir de Téhéran l'autorisation de surveiller une partie des activités nucléaires encadrées par l'accord de 2015, que les Etats-Unis puis l'Iran ont abandonné depuis lors. Les négociations indirectes destinées à ramener Washington et Téhéran dans l'accord sont tombées en désuétude.

D'après des données de l'AIEA, l'Iran enrichit désormais de l'uranium à 60%, soit un seuil proche du grade militaire, et dispose d'une quantité jugée suffisante pour fabriquer trois bombes.

Les puissances occidentales estiment qu'aucune utilisation civile crédible ne justifie un tel seuil d'enrichissement d'uranium. Téhéran dit n'avoir aucune volonté de se doter de l'arme atomique, mais a récemment prévenu que sa "doctrine nucléaire" pourrait changer en cas d'attaque, sur fond de tensions régionales exacerbées par la guerre à Gaza.

(Francois Murphy; version française Jean Terzian)

1 commentaire

  • 05 juin 20:00

    pourquoi cette agence a la solde des usa ne controle pas les installations nucléaires israéliennes ?????


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